Cogitatum



Système politique

A tous ceux qui voient le monde sans le voir [1] !

 

« [] L’affirmation la plus impérieuse de notre Politique se manifeste dans ce que l’on nomme communément la République. Il y a quelques siècles, en concevant un tel système politique, notre Maître a mis ses sages notions en œuvre, mais seules celles-ci sont achevées. Ces lamentables et exécrables humains pensent que la République est un système politique où le pouvoir est accordé par le peuple à travers l’élection. Laissons-les croire à cette fable et laissons-les conjecturer sur les soi-disant potentialités qu’a l’homme d’accéder à l’harmonie existentielle sous l’égide d’une telle structure !

Or, pour qu’elles puissent œuvrer à l’accomplissement de notre Système, il faut que les sociétés humaines s’entredéchirent à travers des luttes intestines. Quel terrain plus adapté, plus commode pour ces combats, qu’un système républicain ! D’abord, une des toutes premières conditions est de faire en sorte que les outils économiques et leurs moyens de production soient sous notre contrôle. De toute évidence, le commerce, l’industrie, l’agriculture, la finance et ceux qui la manipulent jouent tous les rôles dans une République !

Pour qu’un Etat évolue vers une République, il faut qu’il passe par la démagogie qui crée le désordre et d’où résulte inévitablement le despotisme non pas un despotisme institutionnalisé et reconnu comme tel et, de ce fait, irresponsable, tel qu’on le constate dans le Tiers-Monde ou dans les pays dits émergents. Mais un despotisme occulte, inconnu et imperceptible. Très actif, il œuvre d’autant plus cyniquement qu’il est assuré de son succès à travers toutes sortes d’agents dont la carrière et les activités évoluent en silence. L’avantage de ce pouvoir occulte est qu’il libère l’État du souci d’avoir à corrompre, à promouvoir ou à opter pour des châtiments exemplaires ! [] »

 

« [] Il faut immanquablement éviter aux Humains de s’adonner à l’activité cérébrale, car sinon, ils commenceront à agir. Évitons-leur cet entraînement qui ne peut que nous être nuisible. De ce fait, nous avons imaginé pour eux, spécialement pour la populace, tout un panachée d’occupation tout aussi stupides les unes que les autres, de passe-temps, de loisirs et toutes sortes de lieux de bien-être, tels que les jeux, le sport, les hobbies, les établissements de tout type de passion, etc., qu'ils se hâtent de fréquenter. Ils seront prêts à expérimenter toute sorte de choses que leurs hormones sollicitent ! N’est-ce pas là une grande liberté que nous leur offrons !

En effet, par l'intermédiaire des médias, en l’occurrence la presse écrite et télévisuelle, nos agents inventent des manifestations et des concours soi-disant culturels, artistiques, sportifs ou encore des récompenses en tout genre, littéraire, scientifique, politique, etc. De la sorte, nous détournerons à grande échelle et irrémédiablement les esprits des problèmes dont nous voulons exclusivement nous consacrer !

Les Humains décervelés et désintéressés par notre machinerie médiatique et n’ayant plus de temps à se consacrer à la chose sérieuse de la vie, se voient de plus en plus contraints, et donc, dans l’impossibilité de dégager une opinion personnelle et de surcroît libre dans les questions sociales, éthiques ou autre. Alors, ils n’auront plus d’autre alternative que de se lier fermement à nous, car nous serons les seuls à présenter des idées innovatrices par l'entremise de ceux avec lesquels nous feignons de ne pas être du même avis ! [] »

 

« [] Les idées ne manquent pas pour pervertir les écoliers, les collégiens et les étudiants. Nos meilleurs agents spécialistes dans les sciences de l’éducation sont continuellement à pied d’œuvre pour réformer, innover l’Education et l’Enseignement de la populace qui doivent rester, pour la forme, superficiels !

Nous supervisons toutes les innombrables Universités, Instituts ou Ecoles que nous avons crée pour les rejetons les moins stupides des populations que nous administrons. En parallèle, nous avons érigé en quantité très réduite des établissements prestigieux, mais cette fois uniquement pour les enfants de la classe privilégiée, nos plus fervents adeptes. Ces derniers, nous les avons placés en position dominante car ils sont dépositaires de nos valeurs, des valeurs de l’Iblisme. Cela va sans dire que la sélection est draconienne pour le recrutement des enseignants et pour le choix des étudiants. L’élitisme iblisien se définit par des critères juridiques, comme l’ordre de la « noblesse », ou économiques, comme la classe bourgeoise !

Certes, nos adeptes à qui nous allons confier des responsabilités au sein de notre Système ont toujours constitué un objet de recherche privilégié. Quel meilleur moyen que de constituer un vivier, soit pour le renouvellement de nos agents soit pour de nouvelles fonctions dans ce monde que nous voulons en perpétuel mouvement !

Quel que soit leur origine ethnique, les leaders politiques, les chefs d’Etat, les Ministres, les hauts fonctionnaires d’Etat, les chefs des Armées, les scientifiques de renom, les financiers, les banquiers, etc. constituent déjà l’assise sur laquelle nous avons édifié le Régib. Dès lors, nous avons repensé au choix des élites que nous voulons incorporer à l’élaboration de notre Système et cela bien entendu selon un programme pédagogique bien particulier : il sera distinct de notre plan initiatique !

Nos adeptes ne doivent plus être limités aux seuls « grands hommes » que nous fabriquons, cela dit en passant, mais étendue à l’ensemble des groupes sociaux qui dominent la société par leur influence, leur charisme, leur prestige, leur richesse, leur pouvoir politique, économique, moral ou intellectuel !

Il devenait nécessaire et urgent de mener une réflexion sur le recrutement de nos adeptes, pour mieux connaître les conditions réelles de la dépendance populaire. La qualité et le volume de nos adeptes constituent la clé de voûte de la domination des peuples !

En effet, nos adeptes, je précise bien nos « adeptes » et non pas nos agents, tel que nous les définissons aujourd’hui, correspondent à autant d’élargissements de notre part. Les modalités d’entrée à nos Universités, c’est à dire les qualités requises sont avant tout fondées sur le parrainage, valeur suprême des sociétés secrètes et sur l’appartenance à la classe dirigeante et riche !

Le statut juridique et économique de nos Universités ou Ecoles qui demandent des finances considérables pour leur fonctionnement les placent dans une position de supériorité éminente. Nous sommes bien loin de la misère financière, des quelques pièces que nous allouons aux établissements publics d’enseignement supérieur consacrés à la populace !

Réelle, car l’enseignement dont ils bénéficient leur assurent compétence et savoir. En effet, aussi longtemps que le préconise notre Système, cette supériorité ne sera ni contestée ni mise en doute. Elle trouve la justification de sa position dominante dans les rouages de la gouvernance du monde : politique, économique, financier, intellectuel, culturel, etc. Les principes de notre Système se transmettent, et nos inclinations se diffusent de nos adeptes à leurs descendants !

L’enseignement que nos agents et adeptes prennent soin d’inculquer à ces étudiants dont la condition existentielle des plus avantageuses contribue beaucoup à ces sentiments généreux envers notre Système et qui élèvent leur esprit au-dessus de ceux du commun de la populace ! [] »



[1] Ean Rad, « Satan le Maître du monde », p. 20-21 ; 117 ; 230-231.

 

Posté le 13/06/2012