Cogitatum



La Finance II

Prosternez-vous devant le Dieu Argent [1]

 

« […] Lorsque nous serons notoirement en possession du Pouvoir global, nous obscurcirons la réforme des bases financières des peuples mais que nous révélerons sous une forme qui ne suscitera aucun soupçon. Nous ferons en sorte que ces réformes deviennent nécessaires en dévoilant l'état chaotique de leurs finances. Nous montrerons le désordre financier résultant du prévisionnel au début de l'année financière. On entreprend par leur faire effectuer une estimation approximative du budget qui, en réalité, augmentera d'année en année. Ceci va les conduire à une impasse c’est à dire, à ne disposer d’aucun budget fixe !

 

Les Etats mettent en place un budget ordinaire qui augmente chaque année pour diverses raisons que nous jugeons utiles. Ce budget suffisant pour plusieurs mois doit être supplée par le vote d’un autre supplémentaire qui se trouve finalement, lui aussi, dépensé en quelques mois. En conséquence, un autre budget complémentaire sera nécessaire à combler le tout ou alors, c’est la liquidation !

 

Étant donné que le budget d'une année est estimé d'après celui de l'année précédente, nous ferons en sorte que l'accroissement dépasse 60% par an. Celui-ci sera naturellement toujours réexaminé par nos soins, et le budget annuel est ainsi triplé toutes les décennies. C'est par de telles pratiques que, jadis, les caisses des gouvernements se sont retrouvées taries. Oui, car l’ère des emprunts qui s’ensuivit après consuma ce qu’il en reste, et la banqueroute en fut le résultat pour tous ces Etats qui sont tombés les uns après les autres entre nos griffes acérées !

 

Vous concevez bien qu'un tel procédé de gestion financière, imaginé par nos soins pour la population mondiale ne puisse nous être d’une quelconque utilité lorsque notre Kâ [2] sera au pouvoir. Aucun retard ne doit souffrir dans le paiement des charges du Régib [3], le Kâ lui- même fixera les dates des paiements. De ce fait, l’impartialité sera la règle dans tous les Ministères qui tiendront ensemble les comptes des revenus et des dépenses afin qu'ils puissent, à tout moment, être confrontés !

 

Tout emprunt démontre bien l’impuissance des gouvernements et l'inaptitude de leurs dirigeants à saisir leurs droits. Tout emprunt, est tel l'épée de Damoclès, fixé au-dessus de la tête des gouvernants. Quelle ironie, au lieu de prendre directement les fonds nécessaires en installant une imposition spéciale, ces abrutis se précipitent tête baissée chez nos banquiers. Leurs réponses à leurs problèmes bancaires ne se résolvent qu’en mendiant chez nos financiers !

 

Les emprunts étrangers sont des parasites qui ne se sépareront du corps de l'Etat que lorsque celui-ci s'en débarrassera lui-même. Malheureusement pour ces quelques Etats qui nous font encore de l’ombre, ils les favorisent en accroissant leur nombre. L’augmentation faramineuse des intérêts payés à nos banquiers fait qu'ils succomberont inévitablement à cette hémorragie qu'ils s'infligent !

 

Je ne vais pas vous ennuyer avec des cours d’économie, mais qu’est-ce qu’un emprunt, et, notamment, un emprunt étranger, si ce n’est une émission des valeurs d’Etat. En somme, il s’agit d’une émission de titres opérée par l’Etat dans le cadre d’une politique visant à diminuer l’endettement public. L’emprunt permet à l’Etat de couvrir le déficit structurel de son budget. Bien entendu, la différence entre recettes et dépenses réalise toujours un solde négatif sollicitant le recours à l’endettement !

 

Ceci contraint l’Etat emprunteur à payer des intérêts fixés pour le capital qui lui est prêté. Dès lors, au bout d’un temps déterminé, une décennie par exemple, l'Etat aura versé en pure perte des intérêts équivalents à l'emprunt lui- même. Calculez la somme déboursée sur une trentaine d’années. Elle sera double. Au bout de soixante ans, elle triple. La dette demeurant ce qu'elle était à son état initial. Il est certain, selon ce calcul, qu'avec le système de l'Imposition Universelle, l’Etat extorque aux infortunés contribuables jusqu'à leurs dernières pièces de monnaie. Et ceci, afin de s’acquitter des intérêts aux financiers étrangers, par exemple, ceux du FMI [Force Monétaire Internationale], auxquels il a emprunté des fonds dont il avait besoin au lieu de les prélever dans le pays sous forme de taxation et surtout sans payer de taux usuraires. A savoir, enfin, que les intérêts fonctionnent tel un tribut immuable !

 

Aussi longtemps que les emprunts étaient de types nationaux, les gens n’exécutaient qu’un seul geste. Ils ne faisaient rien d’autres que changer l'argent d’endroit, c’est à dire, de la poche de leurs ressortissants pauvres dans celle des riches. Mais à l’instant où nous eûmes corrompu les individus indispensables pour que nous ayons pu leur faire accéder aux emprunts étrangers, toutes les richesses des Etats échouèrent dans nos caisses. Alors, tous les peuples de la planète s’acquittent désormais, sans s’en douter, d’un tribut envers nous ! Incontestablement, l’incapacité et le manque de vigilance des dirigeants de tous les pays, en ce qui se rapporte aux affaires d'Etat, la corruption de leurs Ministres ou leur inaptitude à la problématique financière nous ont assujetti les peuples en les engageant à contracter envers nous un endettement dont ils ne pourront plus jamais s’en libérer !

 

Dès lors, toutes les questions financières se sont retrouvées mises, par la force des choses, sous notre administration supposée « scientifique ». Nous ne sommes pas mécontents du résultat quoi que cela nous ait coûté des efforts, de temps et... de l’argent ! Ricanement.

 

A l’avènement de notre Pouvoir global sur le monde, et jusqu’à ce que nous supprimons toute forme de monnaie, nous n’admettrons aucune entrave à la circulation monétaire unique. Par conséquent, les emprunts d’Etat n’existeront plus, à l’exception des Garanties à un taux fixe. Ce sont de telles obligations d'Etat à intérêts, dont le paiement engage tous les revenus du pays, qui profitent à nos créanciers !

 

Afin de compléter l’exposé de la notion précédente, j’ajouterai encore quelques mots qui me semblent bon à savoir. Il s’agit des emprunts nationaux. Les emprunts extérieurs ou étrangers, quant à eux, n’existeront pas car le Régib sera universel et en tant que tel, aucun autre Etat ne subsistera. Fini le temps où les emprunts faits par les gouvernements ravitaillaient nos caisses avec leurs fonds nationaux !

 

Nous avons exploité l'apathie des chefs d’Etat et entretenu la corruption des gouvernants. Ceci plutôt que de prendre directement le pouvoir, c’est une question de stratégie, afin de percevoir des sommes cent fois, voire mille fois supérieures à celles que nous avions prêtées aux divers pays. En réalité, ils n'en avaient, je dois dire, aucun besoin ! […] »



[1] Ean Rad, « Satan le Maître du monde », p. 74-78.

[2] . Selon l’auteur, nom officiel de Satan lors de son couronnement.

[3] Régib. Selon l’auteur, nom du Gouvernement de Satan.


 

 

Posté le 20/11/2012